Une heure du matin passée, les festivaliers noctambules sont loin d’être fatigués. Sous le chapiteau Domino, quelques minutes auparavant, Féfé nous avait fait furieusement danser et avait laissé une foule littéralement électrisée.
Malgré l’heure tardive, le soleil est revenu nous chatouiller la nuque avec le flow des Trojan Sound System. Nos acolytes anglais ont fait décoller les températures avec leur reggae propulsé des platines. Chuckie Banton et Superfour débordent d’énergie, soulèvent la foule en entonnant les incontournables du genre. Ils nous promettent dès leur entrée sur scène la plus belle fête du festival.
Let’s partyyyyyyyyyyyyy !
Ca chante et ça danse. De toute part, ça fait yeah yeah. Derrière les platines, deux hommes se déhanchent et agitent les bras. L’un porte le béret, l’autre un tee-shirt aux couleurs de Jah rasta.
Les artistes scandent We love you en nous incitant à nous déhancher de plus belle.
La foule est conquise, bercée par les dignes successeurs britanniques de Bob, dont l’effigie flottait fièrement sur un drapeau virevoltant au dessus des festivaliers.

Dans la jungle, terrible jungle (prononcez à l’anglaise). Non, il ne s’agit pas d’une errance nocturne mais bien plutôt des Crookers qui se lancent dans un remix endiablé du Roi Lion, sous le Dôme. 2 heures du mat’, et ce sont les festivaliers qui s’enflamment. Francesco et Bot, la paire italienne, rappellent à l’envie qu’un été plus tôt, ils avaient fait danser le monde entier sur un remix de Kid Kudy « Day’N Night »
Les beats s’enchaînent et les bras des deux compères se mélangent à la perfection. On dirait une cuisine d’un padré où chaque geste serait calculé, où chaque tempo est mezzo forté, afin de faire rugir le public final. Pas de cuisine foncièrement nouvelle, mais un plat classique bien amené, avec une touche du chef.
On part dans un vieil air bien connu, mais rapidement des airs de jungle voire de soupçon de house minimaliste font décoller les danseurs tardifs sous le chapiteau, de quoi faire taire les critiques pointues voire tatillonnes qui critiquaient le manque de finesse de l’album « Tons of friends ». Ou alors les teenagers avaient aussi 30 ou 40 ans ce soir.
La nuit avance doucement, et alors que la foule s’engouffre dans les navettes ou dans les douches du camping, les Crookers continuent à dispenser leurs vitamines cordiales.
Et bien dansez maintenant
Laurent